Droits d'auteur & co. (encore)

Bonjour la liste !
Loin de moi l'idée de relancer un débat. Je voulais juste partager un lien vers un petit article :
http://eur-lex.europa.eu/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexapi!prod!CELEXnumdoc&numdoc=32006L0116&model=guichett&lg=fr

Attendez mardi pour le lire, le temps que les pharmacies soient ouvertes (à moins que vous ayez un stock d'aspirine :-p )
Cécile

Le droit d'auteur, ça sert à rien.

Juste à accorder un monopole de l'état au détriment de la concurrence et du
consommateur, empêchant l’amélioration d'œuvres précédentes pour des causes
totalement arbitraires et non prouvées.
Sans compter que ça coûte à faire respecter.

Les pays où la propriété intellectuelle était moindre n'étaient pas des
tares en production culturelle, loin de là même.
Shakespear n'a fait que reprendre des histoires populaires, Proko a repris
beaucoup de thèmes populaires.
Les projets GNU en sont la preuve.

L'idée de propriété est lié à la rareté de la ressource. Les idées
sont-elles une ressource limitée ?

···

--
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Si la formulation est tienne bravo ! En tous cas je m'en resservirai

···

Le 09/01/2011 20:12, phijazz a écrit :

L'idée de propriété est lié à la rareté de la ressource. Les idées
sont-elles une ressource limitée ?

--
Vincent Gay -
« Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre. »
(Arnold Joseph Toynbee)

Je ne sais pas si on peut dire ça, il me semble que c'est un peu plus subtil.
Le droit d'auteur a été créé à l'origine pour protéger les auteurs contre toute forme d'utilisation commerciale non autorisée par l'auteur, et donc de protéger les auteurs des éditeurs, pas de créer des murs entre le publics et les auteurs. Je ne suis pas sûr que ces lois sont encore entendues dans ce sens.

Dans le domaine technique, une simple idée n'est jamais brevetable, mais dans le domaine artistique, on nous fait quelquefois passer des vessies pour des lanternes.
On ne peut en principe pas assimiler une œuvre d'auteur à une simple idée. Il y a un énorme travail autour des idées de départ pour aboutir à une œuvre. Je sais bien que quelques artistes ont essayé avec plus ou moins de succès de faire passer l'idée de départ pour l'œuvre, mais c'est loin d'être une situation générale. Les droits d'auteur protègent ce travail et c'est normal. On ne peut pas accepter que quelqu'un s'approprie du travail d'un autre sous prétexte d'amélioration sauf si l'auteur premier donne son autorisation.

Dans le cadre du logiciel libre, l'auteur abandonne explicitement ses droits, mais il y a une contrepartie énorme : la possibilité d'utiliser le travail des autres contributeurs. Il n'y a pas de contreparties financières, mais il y a un vrai contrat de licence. Ce principe est parfaitement applicable en musique, c'était d'ailleurs un mode de fonctionnement relativement usuel jusqu'au XIXè siècle. La réutilisation d'une partie d'une œuvre était plutôt considéré comme un hommage à l'auteur premier et le travail fait sur cette œuvre initiale était également considérable.

···

Le 9 janv. 2011 à 20:12, phijazz a écrit :

Le droit d'auteur, ça sert à rien.

Juste à accorder un monopole de l'état au détriment de la concurrence et du
consommateur, empêchant l’amélioration d'œuvres précédentes pour des causes
totalement arbitraires et non prouvées.
Sans compter que ça coûte à faire respecter.

Les pays où la propriété intellectuelle était moindre n'étaient pas des
tares en production culturelle, loin de là même.
Shakespear n'a fait que reprendre des histoires populaires, Proko a repris
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Pascal Legris a écrit :

Je ne sais pas si on peut dire ça, il me semble que c'est un peu plus subtil.
Le droit d'auteur a été créé à l'origine pour protéger les auteurs contre toute forme d'utilisation commerciale non autorisée par l'auteur, et donc de protéger les auteurs des éditeurs, pas de créer des murs entre le publics et les auteurs. Je ne suis pas sûr que ces lois sont encore entendues dans ce sens.
  

Je ne connais pas bien le sujet droit d'auteur, mais bien le code du travail. Et effectivement, il y a un gros travail à faire sur soi pour considérer que la loi est faite à l'origine pour protéger le citoyen qui en a besoin plutôt que de sanctionner le citoyen contrevenant. Le code civil est encore très pénétré de cette idée : l'État est là pour protéger le citoyen. C'est marrant, mais aujourd'hui, on a vraiment du mal avec ça :-\

Dans le domaine technique, une simple idée n'est jamais brevetable, mais dans le domaine artistique, on nous fait quelquefois passer des vessies pour des lanternes.
On ne peut en principe pas assimiler une œuvre d'auteur à une simple idée. Il y a un énorme travail autour des idées de départ pour aboutir à une œuvre. Je sais bien que quelques artistes ont essayé avec plus ou moins de succès de faire passer l'idée de départ pour l'œuvre, mais c'est loin d'être une situation générale. Les droits d'auteur protègent ce travail et c'est normal. On ne peut pas accepter que quelqu'un s'approprie du travail d'un autre sous prétexte d'amélioration sauf si l'auteur premier donne son autorisation.

On peut pas breveter la concept de la fugue, alors ? Dommaaaaage !

Dans le cadre du logiciel libre, l'auteur abandonne explicitement ses droits, mais il y a une contrepartie énorme : la possibilité d'utiliser le travail des autres contributeurs. Il n'y a pas de contreparties financières, mais il y a un vrai contrat de licence.

Merci de souligner ce point qui me "déculpabilise" quant à mon utilisation professionnelle (et donc liée à un intérêt personnel) d'un outil communautaire. Il est pour moi difficile de toucher du doigt l'équité de la chose. Mais tu as raison : l'échange de savoir est un luxe qui va bien au delà de toute considération économique. A moins que l'OMC ait mis des chiffres $ là-dessus aussi...

Ce principe est parfaitement applicable en musique, c'était d'ailleurs un mode de fonctionnement relativement usuel jusqu'au XIXè siècle. La réutilisation d'une partie d'une œuvre était plutôt considéré comme un hommage à l'auteur premier et le travail fait sur cette œuvre initiale était également considérable.
  

Je pense que c'est un nœud de la discussion en cours. La tentation à laquelle je cède volontiers est de trouver injuste l'idée de reprendre à titre personnel voire communautaire des parties de musique protégées. J'ai rencontré la semaine dernière un directeur de conservatoire qui est aussi éditeur d'ouvrages pédagogiques. Il avait utilisé/enregistré un extrait de Ravel édité par Lemoine (flûte, on avait dit pas de nom !)(2 violons + violoncelle d'une parto d'orchestre, les 20 premières mesures) pour montrer, en audio, la notion de crescendo, un truc comme ça. Lemoine lui est tombé dessus avec un beau procès autour de la notion "extrait court" (on a le droit d'utiliser un extrait sans payer de droit quand c'est pour usage pédago, critique, ou un troisième cas dont je ne me souviens plus). Et David a perdu contre Goliath, avec une question en suspens ; "Mais alors, un extrait court, ça a quelle longueur ?" (amende de 500 000 FF quand-même). Alors, je ne connais pas les détails de l'affaire donc je ne m'étends pas plus que ça.

Mais ce qui reste de l'histoire c'est le sentiment d'injustice, qui est au cœur de nos discussions. S'il y a sentiment d'injustice, c'est pour deux raisons à mon sens (je vais dire JE pour n'engager que moi) :
    1. je suis un "gentil", ie je n'ai aucune idée crapuleuse dans la tête, et je veux faire de la musique, la musique c'est partager une passion, etc, etc. O:-)
    2. les affaires dont j'entends parler mettent toujours en cause des gros contre des petits, et ce sont souvent les gros qui gagnent (oooh la méchante généralité !), je veux dire : la justice est un très beau bijou que tous ne peuvent pas se payer. Donc dans mon usage de la musique sans arrière pensée, je garde un sentiment de réserve vis-à-vis de certaines institutions dont je sais instinctivement qu'il ne faut pas que je m'en approche trop... L'édition de musique ancienne est de tout repos de ce côté...

Bref, vu de ma fenêtre, le droit d'auteur devient un vaste système exprès pour empêcher les honnêtes gens de faire de la musique. Cette conclusion est évidemment caricaturale et fausse, mais je parle uniquement de sentiment.

Il est donc effectivement important de rappeler, comme tu le fais, que le droit d'auteur est là pour *protéger* les droits élémentaires du compositeur ("on demande la permission avant d'utiliser", ce qui est une autre vision plus positive de "photocopie interdite"), non, à la base, pour ériger des empires.

amen !

Bon, j'ai l'intention (encore une !) de me cogner un code de la propriété intellectuelle (même pas peur ! Le code du travail est autrement plus aride : les grues, les congés, la prévention, les rayonnements ionisants, ahhh, Dalloz, quand tu nous tiens..). Le pb va être comme toujours d'amender ça avec la jurisprudence, mais bon, les bases sont toujours utiles. Mais bon, la dernière édition du Dalloz date de 2010 et intègre Hadopi, donc on est sauvé ! A ce propos, certains d'entre vous connaîtraient peut-être des juristes à sensibilité libre qui sauraient nous conseiller sur le sujet ?

Portez-vous bien en cette belle journée pluvieuse et froide (sur Lyon du moins) !

JMarc

···

Le 9 janv. 2011 à 20:12, phijazz a écrit :

Le droit d'auteur, ça sert à rien.

Juste à accorder un monopole de l'état au détriment de la concurrence et du
consommateur, empêchant l’amélioration d'œuvres précédentes pour des causes
totalement arbitraires et non prouvées.
Sans compter que ça coûte à faire respecter.

Les pays où la propriété intellectuelle était moindre n'étaient pas des
tares en production culturelle, loin de là même. Shakespear n'a fait que reprendre des histoires populaires, Proko a repris
beaucoup de thèmes populaires.
Les projets GNU en sont la preuve.

L'idée de propriété est lié à la rareté de la ressource. Les idées
sont-elles une ressource limitée ?
--
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On Tue, 11 Jan 2011 09:48:15 +0100
Éditions IN NOMINE <****@****> scribit:

Pascal Legris a écrit :
> Je ne sais pas si on peut dire ça, il me semble que c'est un peu plus subtil.
> Le droit d'auteur a été créé à l'origine pour protéger les auteurs contre toute forme d'utilisation commerciale non autorisée par l'auteur, et donc de protéger les auteurs des éditeurs, pas de créer des murs entre le publics et les auteurs. Je ne suis pas sûr que ces lois sont encore entendues dans ce sens.

Oui, il y a manifestement une dérive - et toute la nouvelle législation l'amplifie.
noeuilli soit qui mal y pense.

>
Je ne connais pas bien le sujet droit d'auteur, mais bien le code du
travail. Et effectivement, il y a un gros travail à faire sur soi pour
considérer que la loi est faite à l'origine pour protéger le citoyen qui
en a besoin plutôt que de sanctionner le citoyen contrevenant. Le code
civil est encore très pénétré de cette idée : l'État est là pour
protéger le citoyen. C'est marrant, mais aujourd'hui, on a vraiment du
mal avec ça :-\
> Dans le domaine technique, une simple idée n'est jamais brevetable, mais dans le domaine artistique, on nous fait quelquefois passer des vessies pour des lanternes.
> On ne peut en principe pas assimiler une œuvre d'auteur à une simple idée. Il y a un énorme travail autour des idées de départ pour aboutir à une œuvre. Je sais bien que quelques artistes ont essayé avec plus ou moins de succès de faire passer l'idée de départ pour l'œuvre, mais c'est loin d'être une situation générale. Les droits d'auteur protègent ce travail et c'est normal. On ne peut pas accepter que quelqu'un s'approprie du travail d'un autre sous prétexte d'amélioration sauf si l'auteur premier donne son autorisation.
>
>
On peut pas breveter la concept de la fugue, alors ? Dommaaaaage !
> Dans le cadre du logiciel libre, l'auteur abandonne explicitement ses droits, mais il y a une contrepartie énorme : la possibilité d'utiliser le travail des autres contributeurs. Il n'y a pas de contreparties financières, mais il y a un vrai contrat de licence.

La structure profonde des logiciels est constituée d'algorithmes, c'est à dire de formulations
de nature mathématique qui sont donc, dans la tradition européenne continentale, librement utilisables.
(si je parle de tradition européenne continentale, c'est qu'il y en a d'autres).
Une oeuvre musicale n'est pas une idée, et si idée il y a, elle peut prendre des myriades de
formes différentes (les symphonies, sonates, quatuors etc) qui ont chacune un auteur ou des auteurs
associés (en littérature : Erckmann & Chatrian, Bouvart & Ratinet - non, je me trompe :-,
mais en musique, p.ex. Strayhorn, Ellington & les autres, etc )

Merci de souligner ce point qui me "déculpabilise" quant à mon
utilisation professionnelle (et donc liée à un intérêt personnel) d'un
outil communautaire. Il est pour moi difficile de toucher du doigt
l'équité de la chose. Mais tu as raison : l'échange de savoir est un
luxe qui va bien au delà de toute considération économique. A moins que
l'OMC ait mis des chiffres $ là-dessus aussi...

Elle y arrivera ... c'est en bonne voie.

> Ce principe est parfaitement applicable en musique, c'était d'ailleurs un mode de fonctionnement relativement usuel jusqu'au XIXè siècle. La réutilisation d'une partie d'une œuvre était plutôt considéré comme un hommage à l'auteur premier et le travail fait sur cette œuvre initiale était également considérable.
>
Je pense que c'est un nœud de la discussion en cours. La tentation à
laquelle je cède volontiers est de trouver injuste l'idée de reprendre à
titre personnel voire communautaire des parties de musique protégées.
J'ai rencontré la semaine dernière un directeur de conservatoire qui est
aussi éditeur d'ouvrages pédagogiques. Il avait utilisé/enregistré un
extrait de Ravel édité par Lemoine (flûte, on avait dit pas de nom !)(2
violons + violoncelle d'une parto d'orchestre, les 20 premières mesures)
pour montrer, en audio, la notion de crescendo, un truc comme ça.
Lemoine lui est tombé dessus avec un beau procès autour de la notion
"extrait court" (on a le droit d'utiliser un extrait sans payer de droit
quand c'est pour usage pédago, critique, ou un troisième cas dont je ne
me souviens plus). Et David a perdu contre Goliath, avec une question en
suspens ; "Mais alors, un extrait court, ça a quelle longueur ?" (amende
de 500 000 FF quand-même).

Amende pour l'État ou réparation du préjudice ?

Alors, je ne connais pas les détails de
l'affaire donc je ne m'étends pas plus que ça.

Mais ce qui reste de l'histoire c'est le sentiment d'injustice, qui est
au cœur de nos discussions. S'il y a sentiment d'injustice, c'est pour
deux raisons à mon sens (je vais dire JE pour n'engager que moi) :
    1. je suis un "gentil", ie je n'ai aucune idée crapuleuse dans la
tête, et je veux faire de la musique, la musique c'est partager une
passion, etc, etc. O:-)
    2. les affaires dont j'entends parler mettent toujours en cause des
gros contre des petits, et ce sont souvent les gros qui gagnent (oooh la
méchante généralité !), je veux dire : la justice est un très beau bijou
que tous ne peuvent pas se payer. Donc dans mon usage de la musique sans
arrière pensée, je garde un sentiment de réserve vis-à-vis de certaines
institutions dont je sais instinctivement qu'il ne faut pas que je m'en
approche trop... L'édition de musique ancienne est de tout repos de ce
côté...

Bref, vu de ma fenêtre, le droit d'auteur devient un vaste système
exprès pour empêcher les honnêtes gens de faire de la musique. Cette
conclusion est évidemment caricaturale et fausse, mais je parle
uniquement de sentiment.

Il est donc effectivement important de rappeler, comme tu le fais, que
le droit d'auteur est là pour *protéger* les droits élémentaires du
compositeur ("on demande la permission avant d'utiliser", ce qui est une
autre vision plus positive de "photocopie interdite"), non, à la base,
pour ériger des empires.

amen !

Bon, j'ai l'intention (encore une !) de me cogner un code de la
propriété intellectuelle (même pas peur ! Le code du travail est
autrement plus aride : les grues, les congés, la prévention, les
rayonnements ionisants, ahhh, Dalloz, quand tu nous tiens..). Le pb va
être comme toujours d'amender ça avec la jurisprudence, mais bon, les
bases sont toujours utiles. Mais bon, la dernière édition du Dalloz date
de 2010 et intègre Hadopi, donc on est sauvé ! A ce propos, certains
d'entre vous connaîtraient peut-être des juristes à sensibilité libre
qui sauraient nous conseiller sur le sujet ?

Peut-être le cabinet d'Emmanuel Pierrat - même s'il est plutôt anti-censure
(mais ils m'ont affirmé qu'ils ne sont pas les avocats des sociétés de Droit d'auteur)

Portez-vous bien en cette belle journée pluvieuse et froide (sur Lyon du
moins) !

JMarc
>
>
>> Le droit d'auteur, ça sert à rien.
>>
>> Juste à accorder un monopole de l'état au détriment de la concurrence et du
>> consommateur, empêchant l’amélioration d'œuvres précédentes pour des causes
>> totalement arbitraires et non prouvées.
>> Sans compter que ça coûte à faire respecter.
>>
>> Les pays où la propriété intellectuelle était moindre n'étaient pas des
>> tares en production culturelle, loin de là même.
>> Shakespear n'a fait que reprendre des histoires populaires, Proko a repris
>> beaucoup de thèmes populaires.
>> Les projets GNU en sont la preuve.
>>
>> L'idée de propriété est lié à la rareté de la ressource. Les idées
>> sont-elles une ressource limitée ?

Les bonnes idées, oui ... [les mauvaises idées sont par nature beaucoup plus
nombreuses que les bonnes] mais là n'est pas la question: assimiler une oeuvre
à une idée est le type même de la mauvaise idée.

···

> Le 9 janv. 2011 à 20:12, phijazz a écrit :

--
René Bastian
www.pythoneon.org
www.musiques-rb.org

R. Bastian a écrit :

On Tue, 11 Jan 2011 09:48:15 +0100
Éditions IN NOMINE <****@****> scribit:
  

Je pense que c'est un nœud de la discussion en cours. La tentation à Et David a perdu contre Goliath, avec une question en suspens ; "Mais alors, un extrait court, ça a quelle longueur ?" (amende de 500 000 FF quand-même).
    
Amende pour l'État ou réparation du préjudice ?
  

Réparation de préjudice : Lemoine avait été fortement impacté par la diffusion de ces quelques mesures à 2000 exemplaires...

Bon, j'ai l'intention (encore une !) de me cogner un code de la propriété intellectuelle (même pas peur ! Le code du travail est autrement plus aride : les grues, les congés, la prévention, les rayonnements ionisants, ahhh, Dalloz, quand tu nous tiens..). Le pb va être comme toujours d'amender ça avec la jurisprudence, mais bon, les bases sont toujours utiles. Mais bon, la dernière édition du Dalloz date de 2010 et intègre Hadopi, donc on est sauvé ! A ce propos, certains d'entre vous connaîtraient peut-être des juristes à sensibilité libre qui sauraient nous conseiller sur le sujet ?
    
Peut-être le cabinet d'Emmanuel Pierrat - même s'il est plutôt anti-censure
(mais ils m'ont affirmé qu'ils ne sont pas les avocats des sociétés de Droit d'auteur)
  

Merci pour le tuyau. Tu soulèves le sujet de l'indépendance des avocats, disons plutôt "le champ d'action" des avocats... je n'y avais pas pensé...

Au passage : sympa des deux sites. Je pythone pas mal en ce moment (assimilation de Django, mais faut être unserpent pour gober ça tout cru !). Si tu as besoin d'aide pas trop intellectuelle (échantillonner une viole ou un théorbe par exemple, ou tester du python), n'hésite pas à demander : je te dirai si je sais et si j'ai le temps.

A+ !
JMarc

« On ne peut pas accepter que quelqu'un s'approprie du travail d'un autre
sous prétexte d'amélioration sauf si l'auteur premier donne son
autorisation. »

Cela me semble très abstrait.

Dans notre société, tout le monde cherche à se protéger de tout le monde.

Il s'agit d'une protection basée sur une hypothétique spoliation de
personnes cherchant à se donner une ascendance légale dans la négociation
des contrats ; d'artistes gentils par nature contre des éditeurs mauvais par
nature. On s'imagine toujours via les légendes populaire le méchant éditeur
du XIXème recevant l'auteur, lui disant qu'il ne peut produire son livre et
le rangeant dans un tiroir en apposant son nom et puis se faisant plein
d'argent, mais cela est très caricatural et faux.
Il s'agit d'abord d'un combat d'artiste cherchant à avoir de plus gros
royalties de son art qui, dans l'absolu, n'a jamais été très rentable pour
l'artiste. Il cherche à avoir par la contrainte du pouvoir de l'état ce
qu'il ne peut avoir de lui-même.

On se souvient de certains procès pour plagiat ; il est certain que ça
existe, mais je me souviens par exemple du procès Lambada, l'original était
une daube alors que le « plagiaire » en avait fait un tube qui a déchiré.

Et on voit que c'est souvent comme ça ; il s'agit donc bien d'amélioration.
Et bien sur que les auteurs originaux vont porter plainte contre ceux qui
ont réussi à faire quelque chose de leur « travail » vu que les lois sur le
droit d'auteur peuvent faire en sorte qu'ils gagnent des indemnités sur le
fruit du travail qu'a été l'amélioration et le travail de production.
Et je passe bien sur les fausses accusations où quelqu'un ayant fait quelque
chose de subtilement proche,
porte plainte contre un auteur original qui a réussi.

Et puis franchement, face à un producteur réellement pourri, les protections
seront toujours contournables.

« c'était d'ailleurs un mode de fonctionnement relativement usuel jusqu'au
XIXè siècle. »

En effet. C'était autre chose que la starac.

···

--
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« La structure profonde des logiciels est constituée d'algorithmes, c'est à
dire de formulations
de nature mathématique qui sont donc, dans la tradition européenne
continentale, librement utilisables.
(si je parle de tradition européenne continentale, c'est qu'il y en a
d'autres). »

En même temps je ne vois pas ce que ça change des livres qui sont constitués
de lettres et de mots librement utilisables ou de la musique constituée de
notes, de rythmes et de nuances, librement utilisables.

···

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« Le droit d'auteur a été créé à l'origine pour protéger les auteurs contre
toute forme d'utilisation commerciale non autorisée par l'auteur, et donc de
protéger les auteurs des éditeurs, pas de créer des murs entre le publics et
les auteurs. Je ne suis pas sûr que ces lois sont encore entendues dans ce
sens. »

En effet, il a été créé pour ça mais le problème est qu'il ne peut que
dériver sur la confrontation auteur/public.

Le droit d'auteur est évidemment un monopole accordé par l'état. Les
monopoles par essence, se font toujours au détriment du consommateur vu que
l'exploitant de ce monopole peut augmenter ses prix à sa guise. Et
d'ailleurs, si les ayant-droits ont vraiment des royalties qu'ils n'auraient
pas eu sans ce monopole, c'est que cet apport d'argent provient bien de
quelque part, c-a-d le public.

Et pour continuer mon argumentation, si on a fait le privilège d'auteur —
car il s'agit bien d'un privilège, vu que l'auteur obtient quelque chose
qu'il n'aurait pas via le droit naturel — pour protéger l'auteur d'un
éditeur présumé véreux, l'éditeur véreux fera en sorte d'obtenir, via son
contrat, que l'auteur lui cède son monopole exclusivement.

Donc sans droit d'auteur, dans le contexte où les éditeurs sont vraiment des
ennemis de l'humanité, l'auteur se fera certes spolier, mais pourra toujours
exploiter son œuvre, trouver un autre éditeur s'il n'est pas content de son
éditeur actuel et faire valoir la concurrence, ce qui renforce naturellement
sa position de négociateur. Avec le droit d'auteur, il se fera aussi
spolier, vu que l'éditeur est véreux, mais il ne pourra plus exploiter
légalement son œuvre.

···

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Ce qui me gène un peu dans cette discussion c'est qu'elle repose comme souvent sur le concept juste/injuste gentil/méchant gros/petit etc... Il est clair que dans cette optique tout un chacun trouvera des exemples à sa guise.

Je pense pour ma part qu'il vaut mieux aborder la question sous l'angle d'utilité pour l'humanité, que tout brevet est un frein à la diffusion de la connaissance et que les logiciels libres constituent la preuve que l'argent n'est pas le seul moteur de l'évolution.

C'est du reste le sens du discours de Richard M Stallman

···

Le 10/01/2011 17:50, Pascal Legris a écrit :

Je ne sais pas si on peut dire ça, il me semble que c'est un peu plus subtil.
Le droit d'auteur a été créé à l'origine pour protéger les auteurs contre toute forme d'utilisation commerciale non autorisée par l'auteur, et donc de protéger les auteurs des éditeurs, pas de créer des murs entre le publics et les auteurs. Je ne suis pas sûr que ces lois sont encore entendues dans ce sens.

--
Vincent Gay -
« Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre. »
(Arnold Joseph Toynbee)

En effet. En regardant l'incidence der médicaments génériques sur la
recherche des labos, cela les obliges à rester dynamique afin de garder une
longueur d'avance pour rester compétitif.
On estime que sans les brevets que possédaient AT&T afin d'avoir le monopole
sur le téléphone, la radio aurait été découverte quelques années plus tôt.
General Electric a, grâce à son contrôle de brevets, retardé la
commercialisation des lumières fluorescentes, qui représentaient une menace
pour les lumières incandescentes.

···

--
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Oups, là y a des trucs qui me heurtent....

Il s'agit d'abord d'un combat d'artiste cherchant à avoir de plus gros
royalties de son art qui, dans l'absolu, n'a jamais été très rentable pour
l'artiste. Il cherche à avoir par la contrainte du pouvoir de l'état ce
qu'il ne peut avoir de lui-même.

Que vient faire l'état là-dedans ? La SACEM ce n'est pas l'état ! C'est une association d'auteurs... Et personne n'est obligé d'en faire partie. Tu peux très bien décider que tes musiques ne soient pas protégées, qu'elles soient libres, ou que tu les protèges toi-même, etc....

On se souvient de certains procès pour plagiat ; il est certain que ça
existe, mais je me souviens par exemple du procès Lambada, l'original était
une daube alors que le « plagiaire » en avait fait un tube qui a déchiré.

Euh.... alors là, non non non ! D'abord, affirmer que l'original était une daube, c'est vachement beaucoup subjectif ! Et ensuite, je ne comprends pas pourquoi les producteurs du tube se serait intéressé à une daube ? Je pense plutôt qu'ils se sont dit "Oh, c'est une bonne chanson, on peut en faire quelque chose. Ok, l'arrangement n'est pas terrible, on va faire mieux, et surtout on aura les moyens d'en faire la promo, via TF1 et Orangina !" Perso, je trouve que l'original était très bien et que le tube était une daube. Que ce soit un tube ne signifie pas que c'était bien.... Dans ce cas précis, les producteurs du tube ont donc réalisé un nouvel arrangement de la chanson originale. C'est tout. Il est tout de même normal que les compositeurs originaux récoltent un bout du gâteau, non ? Les producteurs ont gagné des millions là-dessus, sans même du tout penser aux droits d'auteur, rien que sur les ventes. En ne déclarant rien, ils espéraient en plus, toucher 100% des droits d'auteur. En agissant officiellement, ils auraient eu droit à 50% des droits en tant qu'éditeurs, et encore 10% en tant qu'arrangeurs. Ce qui laissait 40% aux auteurs originaux. Normal, non ?

Et on voit que c'est souvent comme ça ; il s'agit donc bien d'amélioration.

Ben peut-être, mais rien n'empêche de le faire légalement. Rien n'interdit à un arrangeur de modifier mon oeuvre pour en faire un nouvel arrangement, du moment qu'il se déclare en tant qu'arrangeur et pas en tant que compositeur ! Sinon, sans même parler d'argent, il s'agit tout simplement d'usurpation ! La seule chose qu'il doit faire, c'est demander l'autorisation à l'auteur original (ou à son éditeur) de déposer un nouvel arrangement. Je ne vois pas pourquoi un auteur refuserait cela, sauf s'il sent que ça peut lui nuire. (Si on change une de mes chansons pour en faire une daube, ben, je réfléchis quand même un peu....)

Et bien sur que les auteurs originaux vont porter plainte contre ceux qui
ont réussi à faire quelque chose de leur « travail » vu que les lois sur le
droit d'auteur peuvent faire en sorte qu'ils gagnent des indemnités sur le
fruit du travail qu'a été l'amélioration et le travail de production.

Oui, bien sûr. Mais non. Ils ne vont pas gagner des indemnités sur l'amélioration, mais sur leur travail ! L'amélioration, c'est justement le nouvel arrangement. Et ça, ben, c'est "l'amélioreur" qui va en profiter.

Et je passe bien sur les fausses accusations où quelqu'un ayant fait quelque
chose de subtilement proche,
porte plainte contre un auteur original qui a réussi.

Là on est d'accord !

De manière générale, je trouve qu'on ne peut pas vraiment comparer le logiciel libre avec la musique. Le problème principal du logiciel fermé, c'est qu'on n'a pas accès au code source. Dans la musique ben si ! Tu peux tout à fait sans problème constater qu'un compositeur à fait un enchaînement harmonique de type, par exemple I - bIII - bVI - bII, et te dire oh c'est génial, quelle bonne idée, et l'utiliser dans ta prochaine compo. Ou bien dire, oh, c'est super d'avoir choisi de faire rimer "pullover" avec "revolver", faut que je pense à réutiliser ça. Ou encore, oh, j'adore cette idée d'avoir la mélodie qui tourne autour de la 9ème d'un accord, de la 6te du suivant, pour revenir sur la 9ème du suivant, et refaire pareil dans ta prochaine compo.
Tu vois ce que je veux dire ? Le code source de la musique n'est pas protégé !

Richard Stallman lui-même affirme depuis longtemps que la notion de droit d'auteur est très différente pour le logiciel et pour les oeuvres d'art et de divertissement. Relis bien ce qu'il dit à ce sujet, tu verras que ce n'est pas aussi simple. Il y a dans les oeuvres d'art et de divertissement quelque chose qu'il n'y a pas dans les logiciels, en principe : des opinions, des sentiments affirmés, des humeurs.... Puis-je accepter que ma chanson d'amour deviennent le prochain hymne du FN ? ..... euh.....

A+

Christophe Pochon

···

Le 11 janvier 2011 14:16, phijazz <****@****> a écrit :

Le droit d'auteur est évidemment un monopole accordé par l'état. Les
monopoles par essence, se font toujours au détriment du consommateur vu que
l'exploitant de ce monopole peut augmenter ses prix à sa guise.

Monopole ? Mais non ! Encore une fois, tu n'es pas obligé de déposer tes oeuvres à la SACEM, tu as le droit de décider que tes oeuvres sont libres.

Et
d'ailleurs, si les ayant-droits ont vraiment des royalties qu'ils n'auraient
pas eu sans ce monopole, c'est que cet apport d'argent provient bien de
quelque part, c-a-d le public.

Et alors ?

Et pour continuer mon argumentation, si on a fait le privilège d'auteur —
car il s'agit bien d'un privilège, vu que l'auteur obtient quelque chose
qu'il n'aurait pas via le droit naturel — pour protéger l'auteur d'un
éditeur présumé véreux, l'éditeur véreux fera en sorte d'obtenir, via son
contrat, que l'auteur lui cède son monopole exclusivement.

Non, sûrement pas ! L'éditeur ne va certainement pas pouvoir te prendre le 100% de tes droits d'auteur. En général et automatiquement, c'est 50%.

A part ça, juste un exemple. Imaginons une radio qui ne diffuse que de la musique, 24h sur 24.... Les gens qui bossent dans cette radio gagnent de l'argent, non ? N'est-ce pas normal que les gens qui ont créé les musiques diffusées par cette radio en profite un peu ? Si les radios ne sont pas d'accord avec cette idée, elle n'ont qu'à composer et enregistrer elles-mêmes leurs musiques. Tiens.... tiens.... mais y en qui le font justement, ou plutôt des radios qui deviennent productrices d'artistes.... pourquoi donc ? Pour toucher deux fois le pactole, en diffusant prioritairement leurs artistes ? Oh, c'est mal, ça, dis-donc ! Ah.... mais alors s'il n'y avait plus de droits d'auteur comment ça fonctionnerait tout ça ?

A+

Christophe

···

Le 11 janvier 2011 16:12, phijazz <****@****> a écrit :

Ton message n'est pas repris dans la liste.

Oups, là y a des trucs qui me heurtent....

Il s'agit d'abord d'un combat d'artiste cherchant à avoir de plus gros
royalties de son art qui, dans l'absolu, n'a jamais été très rentable pour
l'artiste. Il cherche à avoir par la contrainte du pouvoir de l'état ce
qu'il ne peut avoir de lui-même.

Que vient faire l'état là-dedans ? La SACEM ce n'est pas l'état ! C'est une association d'auteurs... Et personne n'est obligé d'en faire partie. Tu peux très bien décider que tes musiques ne soient pas protégées, qu'elles soient libres, ou que tu les protèges toi-même, etc....

En fait, le droit d'auteur est garanti par la loi. Je ne sais plus de quel article il s'agit, mais créer une œuvre est suffisante pour en avoir la paternité et avoir le monopole d'exploitation, le tout est de pouvoir le prouver, c'est là que rentre en compte la sacem, qui n'est pas un bureau d'enregistrement, mais est une corporation qui conserve les preuves de paternité et possède un service légal.

On se souvient de certains procès pour plagiat ; il est certain que ça
existe, mais je me souviens par exemple du procès Lambada, l'original était
une daube alors que le « plagiaire » en avait fait un tube qui a déchiré.

Euh.... alors là, non non non ! D'abord, affirmer que l'original était une daube, c'est vachement beaucoup subjectif ! Et ensuite, je ne comprends pas pourquoi les producteurs du tube se serait intéressé à une daube ? Je pense plutôt qu'ils se sont dit "Oh, c'est une bonne chanson, on peut en faire quelque chose. Ok, l'arrangement n'est pas terrible, on va faire mieux, et surtout on aura les moyens d'en faire la promo, via TF1 et Orangina !" Perso, je trouve que l'original était très bien et que le tube était une daube. Que ce soit un tube ne signifie pas que c'était bien.... Dans ce cas précis, les producteurs du tube ont donc réalisé un nouvel arrangement de la chanson originale. C'est tout. Il est tout de même normal que les compositeurs originaux récoltent un bout du gâteau, non ? Les producteurs ont gagné des millions là-dessus, sans même du tout penser aux droits d'auteur, rien que sur les ventes. En ne déclarant rien, ils espéraient en plus, toucher 100% des droits d'auteur. En agissant officiellement, ils auraient eu droit à 50% des droits en tant qu'éditeurs, et encore 10% en tant qu'arrangeurs. Ce qui laissait 40% aux auteurs originaux. Normal, non ?

Certes, c'est subjectif, mais Kaoma a percé, pas les originaux.
Et la redistribution de l'argent récolté est plus complexe que ça. Les droits d'auteurs ne concernent jamais plus de 10% de la vente d'un CD.

Et on voit que c'est souvent comme ça ; il s'agit donc bien d'amélioration.

Ben peut-être, mais rien n'empêche de le faire légalement. Rien n'interdit à un arrangeur de modifier mon oeuvre pour en faire un nouvel arrangement, du moment qu'il se déclare en tant qu'arrangeur et pas en tant que compositeur ! Sinon, sans même parler d'argent, il s'agit tout simplement d'usurpation ! La seule chose qu'il doit faire, c'est demander l'autorisation à l'auteur original (ou à son éditeur) de déposer un nouvel arrangement. Je ne vois pas pourquoi un auteur refuserait cela, sauf s'il sent que ça peut lui nuire. (Si on change une de mes chansons pour en faire une daube, ben, je réfléchis quand même un peu....)

Je dois dire que je ne vois pas la raison pour laquelle on devrait demander pour rejouer ou améliorer la composition de quelqu'un d'autre. Pour moi, rejouer l'œuvre de quelqu'un, c'est comme répéter une phrase dite par quelqu'un.

Et bien sur que les auteurs originaux vont porter plainte contre ceux qui
ont réussi à faire quelque chose de leur « travail » vu que les lois sur le
droit d'auteur peuvent faire en sorte qu'ils gagnent des indemnités sur le
fruit du travail qu'a été l'amélioration et le travail de production.

Oui, bien sûr. Mais non. Ils ne vont pas gagner des indemnités sur l'amélioration, mais sur leur travail ! L'amélioration, c'est justement le nouvel arrangement. Et ça, ben, c'est "l'amélioreur" qui va en profiter.

Mais de quel droit peux-tu exiger le fait de réclamer de l'argent sur un travail accompli dans le passé ?
Il est impossible d'interdire à quelqu'un de reprendre la musique d'un autre sans interférer sur la liberté de la personne. Si tu veux que personne ne reprenne ta musique, c'est simple, tu ne la joues que pour toi.

Richard Stallman lui-même affirme depuis longtemps que la notion de droit d'auteur est très différente pour le logiciel et pour les oeuvres d'art et de divertissement. Relis bien ce qu'il dit à ce sujet, tu verras que ce n'est pas aussi simple. Il y a dans les oeuvres d'art et de divertissement quelque chose qu'il n'y a pas dans les logiciels, en principe : des opinions, des sentiments affirmés, des humeurs.... Puis-je accepter que ma chanson d'amour deviennent le prochain hymne du FN ? ..... euh.....

C'est tout de même sur un cas exceptionnel hypothétique que tu te bases pour justifier une règle.

···

Le 11 janvier 2011 22:53, Christophe Pochon <****@****> a écrit :

Le 11 janvier 2011 14:16, phijazz <****@****> a écrit :

De manière générale, je trouve qu'on ne peut pas vraiment comparer le logiciel libre avec la musique. Le problème principal du logiciel fermé, c'est qu'on n'a pas accès au code source. Dans la musique ben si ! Tu peux tout à fait sans problème constater qu'un compositeur à fait un enchaînement harmonique de type, par exemple I - bIII - bVI - bII, et te dire oh c'est génial, quelle bonne idée, et l'utiliser dans ta prochaine compo. Ou bien dire, oh, c'est super d'avoir choisi de faire rimer "pullover" avec "revolver", faut que je pense à réutiliser ça. Ou encore, oh, j'adore cette idée d'avoir la mélodie qui tourne autour de la 9ème d'un accord, de la 6te du suivant, pour revenir sur la 9ème du suivant, et refaire pareil dans ta prochaine compo.
Tu vois ce que je veux dire ? Le code source de la musique n'est pas protégé !

Si, le code source de la musique peut être protégé dans certains cas ! Pour ne citer qu'un exemple : Atmosphères de Ligeti. Personnellement, je suis presque incapable d'analyser ça et il me faudrait cent fois plus d'efforts pour le réécrire que pour décompiler un programme.
Ce que je dis n'est qu'à moitié une blague.
De nombreuses musiques contemporaines me semblent difficiles à plagier car elles introduisent de nouvelles idées. C'est peut-être ça l'avenir, non ? (Je dis ça sans en être tout à fait convaincu)

Le droit d'auteur est évidemment un monopole accordé par l'état. Les
monopoles par essence, se font toujours au détriment du consommateur vu que
l'exploitant de ce monopole peut augmenter ses prix à sa guise.

Monopole ? Mais non ! Encore une fois, tu n'es pas obligé de déposer tes oeuvres à la SACEM, tu as le droit de décider que tes oeuvres sont libres.

Déjà parlé de ça.

Et
d'ailleurs, si les ayant-droits ont vraiment des royalties qu'ils n'auraient
pas eu sans ce monopole, c'est que cet apport d'argent provient bien de
quelque part, c-a-d le public.

Et alors ?

Ce serait pas différent que si je réussissais par lobbyisme à faire passer une loi qui t'obliges à me verser une somme par mois pour une raison ou une autre.

Et pour continuer mon argumentation, si on a fait le privilège d'auteur —
car il s'agit bien d'un privilège, vu que l'auteur obtient quelque chose
qu'il n'aurait pas via le droit naturel — pour protéger l'auteur d'un
éditeur présumé véreux, l'éditeur véreux fera en sorte d'obtenir, via son
contrat, que l'auteur lui cède son monopole exclusivement.

Non, sûrement pas ! L'éditeur ne va certainement pas pouvoir te prendre le 100% de tes droits d'auteur. En général et automatiquement, c'est 50%.

Tu confonds royalties et droit d'auteurs. Le droit d'auteur est un privilège qui fait que toute personne créant a un monopole sur son œuvre. Il y a un droit moral et un droit légal. Le droit moral est symbolique, concerne la paternité et est indissociable de l'auteur, le droit légal concerne ses droit commerciaux et peut autoriser ou interdire à quiconque son l'exploitation de son œuvre. Il peut l'accorder de façon libre et à tout le monde comme pour le GPL et creative, mais il peut accorder les droits d'exploitation à une personne comme un éditeur. Et plus encore, il peut accorder les droits exclusifs, ce qui signifie qu'il vend ses droits légaux.

A part ça, juste un exemple. Imaginons une radio qui ne diffuse que de la musique, 24h sur 24.... Les gens qui bossent dans cette radio gagnent de l'argent, non ? N'est-ce pas normal que les gens qui ont créé les musiques diffusées par cette radio en profite un peu ?

Normal ? je dirais que c'est seulement une opinion.

Si les radios ne sont pas d'accord avec cette idée, elle n'ont qu'à composer et enregistrer elles-mêmes leurs musiques. Tiens.... tiens.... mais y en qui le font justement, ou plutôt des radios qui deviennent productrices d'artistes.... pourquoi donc ? Pour toucher deux fois le pactole, en diffusant prioritairement leurs artistes ? Oh, c'est mal, ça, dis-donc ! Ah.... mais alors s'il n'y avait plus de droits d'auteur comment ça fonctionnerait tout ça ?

Si les radios sont productrices, elles ne paieront pas les droits voisins concernant la production ou la com, vu qu'il s'agit de leurs propres investissements, mais l'artiste et l'interprète sera aussi payé, à moins que l'artiste ait mal négocié son contrat.

···

Le 11 janvier 2011 23:01, Christophe Pochon <****@****> a écrit :

Le 11 janvier 2011 16:12, phijazz <****@****> a écrit :

Ton message n'est pas repris dans la liste.

Si si, je t'assure ! Tu ne le reçois qu'une fois parce que la liste est intelligente, mais t'inquiète, ça marche.

En fait, le droit d'auteur est garanti par la loi. Je ne sais plus de quel article il s'agit, mais créer une œuvre est suffisante pour en avoir la paternité et avoir le monopole d'exploitation, le tout est de pouvoir le prouver, c'est là que rentre en compte la sacem, qui n'est pas un bureau d'enregistrement, mais est une corporation qui conserve les preuves de paternité et possède un service légal.

Ok, un point pour toi. Mais l'Etat c'est toi.... nous sommes en démocratie...

On se souvient de certains procès pour plagiat ; il est certain que ça
existe, mais je me souviens par exemple du procès Lambada, l'original était
une daube alors que le « plagiaire » en avait fait un tube qui a déchiré.

Euh.... alors là, non non non ! D'abord, affirmer que l'original était une daube, c'est vachement beaucoup subjectif ! Et ensuite, je ne comprends pas pourquoi les producteurs du tube se serait intéressé à une daube ? Je pense plutôt qu'ils se sont dit "Oh, c'est une bonne chanson, on peut en faire quelque chose. Ok, l'arrangement n'est pas terrible, on va faire mieux, et surtout on aura les moyens d'en faire la promo, via TF1 et Orangina !" Perso, je trouve que l'original était très bien et que le tube était une daube. Que ce soit un tube ne signifie pas que c'était bien.... Dans ce cas précis, les producteurs du tube ont donc réalisé un nouvel arrangement de la chanson originale. C'est tout. Il est tout de même normal que les compositeurs originaux récoltent un bout du gâteau, non ? Les producteurs ont gagné des millions là-dessus, sans même du tout penser aux droits d'auteur, rien que sur les ventes. En ne déclarant rien, ils espéraient en plus, toucher 100% des droits d'auteur. En agissant officiellement, ils auraient eu droit à 50% des droits en tant qu'éditeurs, et encore 10% en tant qu'arrangeurs. Ce qui laissait 40% aux auteurs originaux. Normal, non ?

Certes, c'est subjectif, mais Kaoma a percé, pas les originaux.
Et la redistribution de l'argent récolté est plus complexe que ça. Les droits d'auteurs ne concernent jamais plus de 10% de la vente d'un CD.

Ben Kaoma n'existe pas vraiment, si "Kaoma" a percé c'est surtout parce que TF1 était derrière.... Pas pour le talent de "Kaoma".

Tu confonds vente de CD et droits d'auteurs. Certes, en tant que compositeur, je touche des droits de reproduction mécanique, au moment de la fabrication du CD. Et ce sont déjà des sommes assez importantes quand un CD est tiré à plusieurs millions d'exemplaires. Et ça ne change rien à ce que je dis. Le partage des 10% dont tu parles ce fait bien comme je le dis. En se déclarant auteur de la chanson "Kaoma" touchait 100% des 10% en question.

Mais où les compositeurs touchent surtout beaucoup d'argent, c'est au moment des diffusions radio et télé.... et là waow, ça a du faire un paquet d'argent pour cette chanson là !

Et on voit que c'est souvent comme ça ; il s'agit donc bien d'amélioration.

Ben peut-être, mais rien n'empêche de le faire légalement. Rien n'interdit à un arrangeur de modifier mon oeuvre pour en faire un nouvel arrangement, du moment qu'il se déclare en tant qu'arrangeur et pas en tant que compositeur ! Sinon, sans même parler d'argent, il s'agit tout simplement d'usurpation ! La seule chose qu'il doit faire, c'est demander l'autorisation à l'auteur original (ou à son éditeur) de déposer un nouvel arrangement. Je ne vois pas pourquoi un auteur refuserait cela, sauf s'il sent que ça peut lui nuire. (Si on change une de mes chansons pour en faire une daube, ben, je réfléchis quand même un peu....)

Je dois dire que je ne vois pas la raison pour laquelle on devrait demander pour rejouer ou améliorer la composition de quelqu'un d'autre. Pour moi, rejouer l'œuvre de quelqu'un, c'est comme répéter une phrase dite par quelqu'un.

Déjà par simple courtoisie. Mais aussi parce que la notion d'amélioration est subjective encore une fois. Cela dit, tu as le droit de jouer ta propre version de n'importe quelle oeuvre autant que tu veux, sans rien demander à personne ! Tu dois en faire la demande si tu veux à ton tour toucher un petit peu de droit sur ton "amélioration". Si tu décides de jouer sur scène une version punk de "La Lambada", tu peux, pas de problème. L'organisateur de la soirée paiera les droits d'auteur au compositeur, à l'auteur, à l'arrangeur et à l'éditeur de la chanson originale et toi tu ne toucheras que ton cachet pour la soirée. Si par contre tu veux toucher des droits sur ton arrangement, tu dois déposer ton arrangement et pour pouvoir le faire, tu dois avoir l'autorisation de l'éditeur. Je suis d'accord que c'est embêtant, et j'en ai personnellement souffert.
Mais pourquoi voudrait tu gagner la totalité des droits là-dessus, alors que tu n'as fais que "d'améliorer" un truc existant. Si tu veux la totale, ben écris-la toi-même, la daube originelle !

Et bien sur que les auteurs originaux vont porter plainte contre ceux qui
ont réussi à faire quelque chose de leur « travail » vu que les lois sur le
droit d'auteur peuvent faire en sorte qu'ils gagnent des indemnités sur le
fruit du travail qu'a été l'amélioration et le travail de production.

Oui, bien sûr. Mais non. Ils ne vont pas gagner des indemnités sur l'amélioration, mais sur leur travail ! L'amélioration, c'est justement le nouvel arrangement. Et ça, ben, c'est "l'amélioreur" qui va en profiter.

Mais de quel droit peux-tu exiger le fait de réclamer de l'argent sur un travail accompli dans le passé ?
Il est impossible d'interdire à quelqu'un de reprendre la musique d'un autre sans interférer sur la liberté de la personne. Si tu veux que personne ne reprenne ta musique, c'est simple, tu ne la joues que pour toi.

De quel droit ? Ben du droit d'auteur :wink: Ok, le jour où à chaque musique que chacun écrit chacun gagnera la même somme, je serai d'accord avec toi. Ca serait pas mal en effet. J'écris une chanson, je la dépose, je touche, mettons..... combien.... houlà.... difficile. Allez, mettons 200 euros. Et après, je ne demande plus rien. Mais je veux que les Goldman, Cabrel et continue gagne la même chose. Après, on sera payé à la productivité, plus à la qualité, tant pis. J'ai besoin d'argent : j'écris 20 daubes demain : bingo, 4000 euros. Mais pourquoi pas. J'ai été payé pour mon travail. Et le résultat appartient à tout le monde. Ok, d'accord. Tu crois vraiment que ça serait bien.... moi ça me fait très peur.

Qui parles d'interdiction de reprendre la musique de quelqu'un ? Tu peux reprendre toutes les musiques que tu veux, les modifier tant que tu veux. Le problème c'est si tu veux gagner à ton tour de l'argent là-dessus. Ca coince, et c'est assez logique ! Sans déconner : je te promets que je permets à n'importe qui de reprendre mes musiques, à qui mieux mieux, tant qu'il dit que c'est moi qui les ai écrites et ne prétend pas les avoir écrites lui-même ! C'est un des principes de la licence GPL, ça, non ? Mais la licence GPL ne dit jamais, au grand jamais que les auteurs ne doivent pas gagner leur vie. S'il ne gagne pas d'argent là-dessus, je ne lui demande rien. S'il en gagne, ben je veux bien partager avec lui. C'est ça, le droit d'auteur ! Personne n'aurait demandé d'argent à Kaoma si Kaoma n'avait pas :

  1. prétendu qu'il s'agissait d'une chanson originale
  2. gagné un franc

Richard Stallman lui-même affirme depuis longtemps que la notion de droit d'auteur est très différente pour le logiciel et pour les oeuvres d'art et de divertissement. Relis bien ce qu'il dit à ce sujet, tu verras que ce n'est pas aussi simple. Il y a dans les oeuvres d'art et de divertissement quelque chose qu'il n'y a pas dans les logiciels, en principe : des opinions, des sentiments affirmés, des humeurs.... Puis-je accepter que ma chanson d'amour deviennent le prochain hymne du FN ? ..... euh.....

C'est tout de même sur un cas exceptionnel hypothétique que tu te bases pour justifier une règle.

Ben ça existe pourtant !

Bon j'arrête là....

A+

Christophe

···

Le 11 janvier 2011 23:14, phijazz <****@****> a écrit :

Ton message n'est pas repris dans la liste.

Si si, je t'assure ! Tu ne le reçois qu'une fois parce que la liste est intelligente, mais t'inquiète, ça marche.

J'ai vu, en effet.^^

En fait, le droit d'auteur est garanti par la loi. Je ne sais plus de quel article il s'agit, mais créer une œuvre est suffisante pour en avoir la paternité et avoir le monopole d'exploitation, le tout est de pouvoir le prouver, c'est là que rentre en compte la sacem, qui n'est pas un bureau d'enregistrement, mais est une corporation qui conserve les preuves de paternité et possède un service légal.

Ok, un point pour toi. Mais l'Etat c'est toi.... nous sommes en démocratie...

Non, je ne suis pas l'état. L'état est une organisation dont la mission supposée est de protéger le citoyen qui lui a confié le monopole de la violence(armée, police) pour assurer sa sécurité, sa défense et dont la première capacité est d'utiliser cette force pour contraindre les autres afin d'accomplis sa mission ou de la détourner.

La démocratie, c'est simplement un système ou on choisit ses dirigeants parmi un éventail de personnes qui se proposent, faisant le paon pour séduire l'électeur avec des discours, et progressant dans leurs corporations politiques grâce à je ne sais quelles intrigues.

La démocratie est probablement le moins pire des systèmes, mais il ne faut pas pour autant l'idéaliser.

Certes, c'est subjectif, mais Kaoma a percé, pas les originaux.
Et la redistribution de l'argent récolté est plus complexe que ça. Les droits d'auteurs ne concernent jamais plus de 10% de la vente d'un CD.

Ben Kaoma n'existe pas vraiment, si "Kaoma" a percé c'est surtout parce que TF1 était derrière.... Pas pour le talent de "Kaoma".

Kaoma a hyper fonctionné au Brésil. Le monde ne s'arrête pas à la France.

Tu confonds vente de CD et droits d'auteurs. Certes, en tant que compositeur, je touche des droits de reproduction mécanique, au moment de la fabrication du CD. Et ce sont déjà des sommes assez importantes quand un CD est tiré à plusieurs millions d'exemplaires. Et ça ne change rien à ce que je dis. Le partage des 10% dont tu parles ce fait bien comme je le dis. En se déclarant auteur de la chanson "Kaoma" touchait 100% des 10% en question.

En effet, il s'agit d'un pourcentage sur la vente négocié entre l'auteur et l'éditeur.

Je dois dire que je ne vois pas la raison pour laquelle on devrait demander pour rejouer ou améliorer la composition de quelqu'un d'autre. Pour moi, rejouer l'œuvre de quelqu'un, c'est comme répéter une phrase dite par quelqu'un.

Déjà par simple courtoisie.

Si j'achète une voiture, je n'ai pas à demander l'autorisation au constructeur si j'ai envie de la repeindre ou de modifier le design et puis la revendre.
Si j'achète un PC, je peux changer les composants pour l'améliorer sans devoir demander l'autorisation.
Pourquoi, lorsque j'achète un livre, si je change une partie du contenu sans l'autorisation de l'auteur, je suis hors la loi ? Pour moi, c'est une différence qui n'est due qu'à une mystification de l'art.
Disney n'a demandé l'autorisation à personne pour adapter des contes populaires.
Et ils empêchent toute utilisation sans autorisation de leurs personnages.

Et puis, lorsque l'auteur est mort… 70 ans après la mort de l'auteur, c'est pas exagéré ?

Mais pourquoi voudrait tu gagner la totalité des droits là-dessus, alors que tu n'as fais que "d'améliorer" un truc existant. Si tu veux la totale, ben écris-la toi-même, la daube originelle !

Le problème n'est pas une question de faire plus d'argent, mais de devoir demander l'autorisation à quelqu'un qui a eu un monopole sur l'exploitation de son œuvre qu'il n'aurait pas si ce privilège n'existait pas et peut la refuser.
Prend par exemple le cas des worksongs. Ces chansons composées par les esclaves noirs aux USA. Le premier à les mettre sur disque possédait le copyright et pouvait empêcher toute autre interprétation.

Tu peux me dire quelle musique ne s'est pas faite sur une musique passée ? Sur 12 notes, un certain nombres de dispositions rythmiques, es-tu certain que ta musique est réellement originale ? Tout le monde a des influences, que ce soient des influences musicales ou d'autres influences contextuelles dues aux conditions sociales, économiques, politiques,…

Enfin, tu es compositeur, je comprends que tu estime mériter ce droit, tout comme la noblesse de l'ancien régime estimait mériter leurs droits.
Mais sache que cela se fait au détriment d'autres, sinon tu ne gagnerais pas plus de revenus grâce à ça.

Mais de quel droit peux-tu exiger le fait de réclamer de l'argent sur un travail accompli dans le passé ?
Il est impossible d'interdire à quelqu'un de reprendre la musique d'un autre sans interférer sur la liberté de la personne. Si tu veux que personne ne reprenne ta musique, c'est simple, tu ne la joues que pour toi.

De quel droit ? Ben du droit d'auteur :wink: Ok, le jour où à chaque musique que chacun écrit chacun gagnera la même somme, je serai d'accord avec toi. Ca serait pas mal en effet. J'écris une chanson, je la dépose, je touche, mettons..... combien.... houlà.... difficile. Allez, mettons 200 euros. Et après, je ne demande plus rien. Mais je veux que les Goldman, Cabrel et continue gagne la même chose. Après, on sera payé à la productivité, plus à la qualité, tant pis. J'ai besoin d'argent : j'écris 20 daubes demain : bingo, 4000 euros. Mais pourquoi pas. J'ai été payé pour mon travail. Et le résultat appartient à tout le monde. Ok, d'accord. Tu crois vraiment que ça serait bien.... moi ça me fait très peur.

Ce modèle est irréaliste et supposerait qu'il y ait un système de redistribution.

Je me fous que des compositeurs gagnent beaucoup d'argent. S'ils le font au détriment de personne et le méritent c'est tant mieux pour eux.
Le public estimera toujours si une œuvre est bonne ou pas. Et comme tu dis, la qualité est subjective.
Certains réussissent plus que d'autre, c'est tout à fait normal, le talent n'est pas réparti de façon égale, ainsi que la demande, et certains sont plus entreprenants que d'autres, sans compter la chance…

Qui parles d'interdiction de reprendre la musique de quelqu'un ?

La loi sur le droit d'auteur.
Par défaut, il est interdit de reprendre la musique de quelqu'un tant que tu n'as pas son autorisation.

Tu peux reprendre toutes les musiques que tu veux, les modifier tant que tu veux. Le problème c'est si tu veux gagner à ton tour de l'argent là-dessus.

De toutes façons, tant que je ne le fais pas publiquement, tu es incapable de savoir ce que je fais de ta musique, non ? À moins que tu m'aies incrusté à mon insu une puce dans la tête.

Ca coince, et c'est assez logique ! Sans déconner : je te promets que je permets à n'importe qui de reprendre mes musiques, à qui mieux mieux, tant qu'il dit que c'est moi qui les ai écrites et ne prétend pas les avoir écrites lui-même !

Toi oui, parce que t'es un mec cool. D'autres moins cool ne le permettent pas, et la propriété intellectuelle ne s'arrête pas à la musique.

C'est un des principes de la licence GPL, ça, non ? Mais la licence GPL ne dit jamais, au grand jamais que les auteurs ne doivent pas gagner leur vie. S'il ne gagne pas d'argent là-dessus, je ne lui demande rien. S'il en gagne, ben je veux bien partager avec lui. C'est ça, le droit d'auteur ! Personne n'aurait demandé d'argent à Kaoma si Kaoma n'avait pas :

  1. prétendu qu'il s'agissait d'une chanson originale
  2. gagné un franc

À t'entendre, on dirait qu'ils sont coupables de gagner de l'argent.

Si Kaoma a déclaré que c'était original, c'est bien décevant de leur part, mais voilà, avec le droit d'auteurs ils savaient qu'ils devraient probablement payer ure somme forte aux auteurs, voire se voir refuser de l'exploiter. On peut supposer qu'il s'agit d'un contrecoup du droit d'auteurs. Sans droit d'auteur, ils n'auraient pas eu cette contrainte de mentir.

Tout comme la fraude et la corruption sont principalement dues à des règles trop rigides.

S'il était plus simple et moins coûteux de déclarer un gig, il y aurait moins de concerts en black.

C'est tout de même sur un cas exceptionnel hypothétique que tu te bases pour justifier une règle.

Ben ça existe pourtant !

Tout comme les chutes de météorites. Mais c'est tellement rare que ça ne justifie pas de prendre une assurance contre les chutes de météorites.
Ou encore les accidents mortels de voiture, pourtant on continue à l'utiliser.

···

Le 12 janvier 2011 00:13, Christophe Pochon <****@****> a écrit :

Le 11 janvier 2011 23:14, phijazz <****@****> a écrit :

++

Si, le code source de la musique peut être protégé dans certains cas ! Pour
ne citer qu'un exemple : Atmosphères de Ligeti. Personnellement, je suis
presque incapable d'analyser ça et il me faudrait cent fois plus d'efforts
pour le réécrire que pour décompiler un programme.
Ce que je dis n'est qu'à moitié une blague.
De nombreuses musiques contemporaines me semblent difficiles à plagier car
elles introduisent de nouvelles idées. C'est peut-être ça l'avenir, non ?
(Je dis ça sans en être tout à fait convaincu)

Anecdote amusante à ce sujet : le célèbre "4 minutes 33 de silence" de Nicolas Cage a été plagié par les Beatles. Et ce plagiat a fait l'objet d'un recours en justice :-p

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               j-f.lucarelli
               ****@****
          12-01-2011