to pitch or not to...

Bonjour,
Il n'y à peu près rien à ajouter (après coup, je me rends compte que j'ai de nouveau été teriblement prolixe !). Je suis heureux de voir que vous me donnez raison sur quelques points: ma vision n'est donc pas complètement aberrante.
Le libre en tant que work in progress m'est assez sympathique, du moins à première vue et il serait fastidieux de chercher à savoir à partir de quel point ou sous quel angle il me devient aussi étranger.
Le point autour duquel tourne notre - disons - dissonance est l'importance relative que nous accordons vous (Valentin Villenave et les passionnés de Lilypond comme ses auteurs) et moi à l'aspect esthétique d'une partition. A mon avis, il n'est pas vrai que toutes les partitions informatiques sont des horreurs ni que leur lisibilité est déplorable (ce sont à peu près les termes que j'ai lus sur la liste en réponse à mes remarques). J'en possède quelques kilos (la littérature pour flûte n'est pas aussi vaste que celle de votre instrument) et aucune ne m'a jamais posé de problèmes de lecture, hormis pour des questions de taille des portées. Celles dont j'hérite "par hasard" lors d'un stage, pas davantage. C'est sous cet angle qu'il faut comprendre le mot "maximaliste" que j'ai utilisé à propos de l'essai. (Ce qui ne veut pas dire que l'aspect esthétique n'a pas d'importance pour moi en aucune matière. Vous me comprendrez si je dis que je préfère relire un peu d'Homère dans l'édition d'Oxford plutôt que dans la Teubneriana et encore moins dans les Belles lettres, même si vous n'êtes pas d'accord avec mon choix.)
Il n'y a qu'un point sur lequel j'aurais encore à objecter. Quand vous écrivez
> ...utilisateurs habitués à un certain
> paradigme (souris/écran) qu'ils doivent abandonner leurs repères
> habituels.
> La documentation en elle-même, en revanche, ne s'adresse pas
> nécessairement aux utilisateurs habitués à ce paradigme,

Le paradigme majeur, à mon avis, c'est le papier réglé et le crayon. J'ai des petits neveux qui font leurs premiers pas en musique en 2010: il n'est pas question pour eux de souris ni d'écran. Le fossé entre cette pratique manuelle et la saisie informatique sous forme de texte est encore plus large. Or je doute qu'il existe des utilisateurs qui abordent la musique directement par Lilypond.
Mais bref, "votre" choix est le vôtre, très bien: vous placez sur le site des prolégomènes que j'aurais associés au manuel. Lequel n'en est pas un. La plupart des auteurs de logiciels les fournissent avec une documentation; je trouverais pédagogiquement plus opportun de proposer - en lieu et place ou par-dessus le marché - un vrai manuel progressif qui prenne l'utilisateur par la main, lui explique à quoi il doit s'attendre et le conduise de l'ignorance - ou de l'environnement - où il se trouve jusqu'à la maîtrise du logiciel. Mais c'est un autre débat.

J'ai été heureux de cet échange terriblement HS, ce dont je demande pardon aux colistiers préoccupés par leurs \overrideBeamSettings et leurs make-pango-font-tree (tout de même un peu plus de 4 lignes de code, non ?). Plein succès à Lilypond. Et à vous-même.
Nymphéatiquement vôtre
Pierre Ruel

Valentin Villenave a écrit :

···

2010/2/22 Pierre RUEL <****@****>:

Nous voilà donc avec une question centrale :

pour moi un manuel se suffit à lui-même, c'est-à-dire qu'il contient sa
propre introduction, sa préface, son avant-propos et tout ce qu'il y a à
savoir pour l'intelligence du manuel proprement dit.

L'ancien manuel contenait effectivement ces prolégomènes (que
l'éditeur de la documentation, Graham Percival, qualifierait
volontiers de "fluff", c'est-à-dire une lecture plaisante mais peu
utile).

La nouvelle page de manuels
(LilyPond – Music notation for everyone: Manuals) renvoie à
diverses ressources, au premier chef desquelles la fameuse page
"saisie sous forme de texte" dont je vous parlais tantôt.

permettez-moi de penser que compte tenu du temps que vous avez
passé à travailler sur le logiciel, sa documentation et son site, vous ne
pouvez absolument pas en faire une visite "spontanée".

C'est toute la difficulté : vous-même avez également dépassé, il me
semble, le stade de "visiteur naïf". Il n'en demeure pas moins que
(comme la plupart des logiciels, libres ou non), le premier aperçu
qu'ont les nouveau venus est le site Web, bien avant d'ouvrir la
documentation.

je trouve personnellement
extrêmement fastidieux que, pour aller d'un point A, l'introduction, au
point B, le logiciel, il faille ricocher de page en page pour trouver des
informations qui pourrait parfaitement être exposées de façon discursive

Je comprends votre point de vue. Comme je vous l'expliquais, la
documentation était autrefois structurée d'une façon plus linéaire ;
la raison pour laquelle elle a été réorganisée tourne autour du
postulat suivant :
là où la documentation elle-même est faite pour être compulsée, lue,
relue, en détail, les pages introductives (telles que l'"essai", ou la
page "saisie sous forme de texte") sont formulées de façon plus
attrayante (illustrations en couleurs, etc.) et sont destinées à
n'être lues qu'une seule fois.

À ce titre, nous ne considérons plus ces pages comme faisant partie du
manuel. Un exemple : l'introduction que vous nous avez concoctée se
réfère aux logiciels graphiques existants. Cette information est
parfaitement valable et nécessaire (tout au moins dans un premier
temps), en ce qu'elle explique aux utilisateurs habitués à un certain
paradigme (souris/écran) qu'ils doivent abandonner leurs repères
habituels.
La documentation en elle-même, en revanche, ne s'adresse pas
nécessairement aux utilisateurs habitués à ce paradigme, mais bien à
*tous* les utilisateurs, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur
passé !

De même pour le glossaire ou l'essai, dont la lecture n'est pas vitale
pour l'utilisation de LilyPond : il semble logique qu'ils fassent
l'objet de documents séparés.

D'ailleurs pourquoi y a-t-il 2 manuels ? Lilypond étant un
logiciel de notation, le manuel Lilypond *est* le manuel de notation. J'ai
d'ailleurs perdu pas mal de temps à retrouver telle ou telle indication car
je n'avais pas noté si elle provenait du manuel d'initiation (d'initiation à
quoi, sinon à la notation ?) ou du manuel de notation.

Puisque vous venez d'une culture classique, je pense que la notion de
"digeste" ne vous sera pas étrangère...
Le manuel d'initiation est destiné à être lu entièrement, de façon
linéaire. À ce titre il reprend des notions importantes du manuel de
notation, et les présente d'une façon (censément) adaptée aux
débutants, "discursive" comme vous le disiez ci-dessus, et
progressive.
Le manuel de notation, pour sa part, est "la" référence exhaustive.
L'on ne s'en sert que pour chercher tel ou tel point bien précis, dès
que les notions (relativement) simples apprises dans le manuel
d'initiation ne suffisent plus.

C'est un point sur lequel je suis en complet désaccord, comme je l'ai déjà
dit. D'ailleurs après avoir lu le texte intitulé "essai" et ses
considération esthétiques un rien maximalistes, je n'ai pas vu l'intérêt de
lire la totalité de la prose des auteurs du logiciel.

Je vous laisse très volontiers ce point de vue, en ce qui me concerne
c'est précisément ce texte qui a achevé de me convaincre d'adopter
LilyPond. Au demeurant, ledit "essai" n'est que lointainement dérivé
de la "prose" des deux auteurs d'origine, et vient de surcroît d'être
(lui aussi) entièrement réécrit par un simple contributeur qui
n'appartient pas à l'équipe de développement.
Un logiciel Libre n'est pas un _produit_ achevé, mais un _projet_
collectif en perpétuelle évolution (dans le bon sens, espérons-le), et
à ce titre il n'y a pas de différence fondamentale entre un
utilisateur et un contributeur -- notre discussion en étant un bon
exemple, puisque certaines de vos remarques (par exemple l'avancement
des traductions) rejoignent les préoccupations de la communauté.

Cordialement,
V. Villenave.

Bonjour,

Bonjour,

A
mon avis, il n'est pas vrai que toutes les partitions informatiques sont des
horreurs ni que leur lisibilité est déplorable (ce sont à peu près les
termes que j'ai lus sur la liste en réponse à mes remarques).

Je ne doute pas que la lisibilité soit tout à fait correcte, en
revanche il est certain que là où LilyPond vous "force" à avoir un
résultat en général plus que correct, les logiciels couramment
utilisés par les éditeurs aujourd'hui demandent un minimum d'effort
pour obtenir une gravure qui ne soit pas bêtement mécanique, et que
ces efforts ne sont pas toujours faits (particulièrement dans du
répertoire pédagogique édité à la va-vite, au hasard par des éditeurs
français).

Vous me comprendrez si je dis que je préfère relire un
peu d'Homère dans l'édition d'Oxford plutôt que dans la Teubneriana et
encore moins dans les Belles lettres

De toute façon la rềgle numéro un est : fuir les Belles lettres,
quoiqu'il arrive :slight_smile:

Le paradigme majeur, à mon avis, c'est le papier réglé et le crayon.

C'est une question très intéressante. Il m'est arrivé d'écrire
directement dans LilyPond, mais son approche très horizontale ne me
correspond guère (je n'y verrais aucun inconvénient, par exemple, pour
de la musique de flûte solo).

Le papier et le crayon sont effectivement des outils indispensables,
et en cela LilyPond m'y a fait revenir. Je préfère un fossé "plus
large", comme vous dites, à une fausse impression de "voir" la musique
sur son écran (et je ne mentionne même pas le gros bouton "play" de
Finale et Sibelius, à qui j'impute volontiers toute une génération de
"compositeurs"/arrangeurs sourds).

Mais bref, "votre" choix est le vôtre, très bien: vous placez sur le site
des prolégomènes que j'aurais associés au manuel. Lequel n'en est pas un. La
plupart des auteurs de logiciels les fournissent avec une documentation; je
trouverais pédagogiquement plus opportun de proposer - en lieu et place ou
par-dessus le marché - un vrai manuel progressif qui prenne l'utilisateur
par la main, lui explique à quoi il doit s'attendre et le conduise de
l'ignorance - ou de l'environnement - où il se trouve jusqu'à la maîtrise du
logiciel. Mais c'est un autre débat.

C'est là le rôle du manuel d'initiation, que ses auteurs ont
semble-t-il voulu le plus bref possible pour s'assurer qu'il puisse
être lu en entier.

Au demeurant, je viens de me rendre compte que le site web est
également proposé en PDF, comme un manuel à part entière :

Partant, il serait donc tout à fait possible de regrouper en un seul
"gros" manuel les différentes (nombreuses) ressources, mises
bout-à-bout. Il me semble qu'on atteindrait au bas mot 2 ou 3 000
pages, cependant...

J'ai été heureux de cet échange terriblement HS, ce dont je demande pardon
aux colistiers préoccupés par leurs \overrideBeamSettings et leurs
make-pango-font-tree (tout de même un peu plus de 4 lignes de code, non ?).

N'ayant jamais utilisé ni l'un ni l'autre, je n'en ressens pas le besoin :slight_smile:

Cordialement,
V. Villenave.

···

2010/2/22 Pierre RUEL <****@****>: